Normes et réglementation du désenfumage naturel en France

En France il existe de nombreuses réglementations en matière de sécurité incendie et l'évacuation des fumées avec le principe du désenfumage naturel. En fonction du bâtiment, la réglementation sur le désenfumage naturel diffère, c'est un élement important à prendre en compte dans les différentes étapes de la construction d'un bâtiment.

Les différentes réglementations du désenfumage naturel dans les bâtiments

 

Les établissements insustriels & commerciaux (E.I.C.)

Les locaux qui doivent être désenfumés, le type d'exutoire à utiliser, nombre minimum d'exutoires et implantation, textes réglementaires en application.

 

Entrepôts couverts soumis à autorisation 1510 (I.C.P.E.)

Les locaux qui doivent être désenfumés, le type d'exutoire à utiliser, nombre minimum d'exutoires et implantation, textes réglementaires en application.

 

Établissements recevant du public (E.R.P.)

Les locaux qui doivent être désenfumés, le type d'exutoire à utiliser, nombre minimum d'exutoires et implantation, textes réglementaires en application.

Les obligations de maintenance

Les règles de sécurité d'un établissement recevant du public (ERP), le Code du Travail, les entrepôts couverts soumis à autorisation sous la rubrique 1510 obligent les exploitants à faire entretenir les différents appareils de désenfumage en conformité avec la réglementation existante.

Vous reportez sur la Norme française de Sécurité NF S 61-933 et à l'arrêté du 25 juin 1980 DF9 pour l'obligation de maintenir les installations de désenfumage.

 

Les normes

Il existe des normes européennes pour les produits intégrés au système de désenfumage dans les séries EN 12101 - xx. Reportez vous sur la norme EN 12101 - 2 pour les Dispositifs d'Evacuation Naturelle de Fumées et de Chaleur (DENFC).

Pour les normes françaises relative au matériel et à l'installation de désenfumage naturel reportez vous au :

  • NF S 61-932 : Règles d'installation
  • NF S 61-933 : Règles d'exploitation et de maintenance
  • NF S 61-937 : Dispositifs Actionés de Sécurité (D.A.S.)
  • NF S 61-938 : Dispositfs de commande manuel ( D.C.M.), Dispositifs Adaptateurs de Commande (D.A.C.)

Le principe du désenfumage naturel

En raison de leur faible masse volumique, les fumées chaudes ayant tendance à s’élever, le salut se trouve dans la plupart des cas près du sol, là ou les températures sont les plus basses et l’air le moins toxique, et le plus riche en oxygène.

Le désenfumage naturel issu du tirage thermique, est réalisé par des amenées d’air extérieur et des évacuations de fumées en toiture appelées exutoires dedésenfumage ou DENFC, qui communiquent directement avec l’extérieur.
Les volumes à désenfumer doivent rester raisonnables, la première des contraintes est donc de créer des zones ou compartiments susceptibles de contenir les fumées avant l’évacuation pour éviter leur propagation.

Principe du désenfumage naturel avant ouverture des lanterneaux

Ce compartimentage est réalisé par des écrans verticaux (ou écrans de cantonnement) situés en partie haute des locaux directement sous la toiture ou sous plafond. Il délimite des cantons dont la surface ne doit pas excéder 1600 m2 et dont la plus grande dimension ne doit pas excéder 60 m.

La surface utile d’ouverture des exutoires de désenfumage est fonction de la surface du feu qui dépend du type d’exploitation, de la hauteur du local, et de l’épaisseur de la couche de fumées (Ef) déterminée par la hauteur des écrans verticaux.

L’efficacité du désenfumage naturel est également conditionnée par la surface et le placement des amenées d’air frais en partie basse du bâtiment.

Principe du désenfumage naturel lorsque les lanterneaux sont ouverts

Objectifs

Maintenir praticables les cheminements utilisés pour l’évacuation des personnes et favoriser l’intervention des secours en :

  • diminuant la teneur des gaz toxiques,
  • maintenant un taux d’oxygène suffisant,
  • conservant un maximum de visibilité.

Dangers de la fumée

Empêcher la propagation du feu, en évacuant vers l’extérieur chaleur, gaz et imbrûlés. Les fumées et gaz de combustion produits par le feu perturbent souvent, et interdisent parfois l’évacuation des occupants et l’intervention efficace des services de secours dans les bâtiments en cas d’incendie.

Elles présentent plusieurs dangers qui agissent directement sur la sécurité des personnes et des biens :

  • la température : brûlures internes par inhalation des gaz chauds ; les fumées sont un facteur important de la propagation de l’incendie en raison de leur température qui facilite la pyrolyse et l’inflammation des matériaux combustibles et de leur composition qui comprend de nombreux imbrûlés gazeux,
  • l’opacité : gêne pour l’évacuation ; le manque de visibilité peut, d’une part contrarier et même empêcher l’évacuation, en faisant perdre aux occupants leur point de repères et d’autre part, retarder l’intervention des services de secours,
  • l’asphyxie : par manque d’oxygène, l’oxygène étant consommée par le feu,
  • la toxicité : parmi les gaz émis par les matières en combustion lors d’un incendie, les plus dangereux sont : le monoxyde de carbone (CO), les hydrocarbures, les oxydes d’azote (NOx), l’acide cyanhydrique (HCN), l’ammoniac (NH3), etc. En outre quelques minutes peuvent suffire pour réduire la concentration en oxygène, entraînant les victimes vers la syncope, voire la mort,
  • la corrosivité : certains imbrûlés gazeux acides (HCI, H2SO4 par exemple) représentent un danger aussi bien pour l’organisme que pour les éléments du bâtiment ou les biens situés dans le local (structures métalliques, composants électroniques…).